Tango

Histoire du Tango

Dans toute culture, la musique est partie intégrante de la vie en société, elle est donc définie par, et doit être replacée dans, un contexte économique et social mouvant, avec pour conséquence (...)

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Interview Farolito 01/2005 - Thierry Le Cocq et Véronique Bouscasse

  Interview Farolito 01/2005 - Thierry Le Cocq et Véronique Bouscasse  

Avec un style classique, original, et dynamique, Thierry et Véronique se sont attachés une très forte popularité, non seulement en Europe, où ils voyagent et enseignent régulièrement, mais aussi en Argentine.

Depuis Paris, ils ont conquis les cœurs et les pistes de danse de Buenos Aires. Ils ont été le plus jeune et le seul couple non argentin à être invité à danser lors de la légendaire ‘Nuit des Milongueros’. Ils ont aussi remporté le Concours d’improvisation de La Viruta - El Tangauta en 2002.

Depuis Paris, Thierry et Véronique ont pénétré le monde du tango, inspirant les gens avec leur pédagogie et leur brillante présence sur scène. La liste des villes dans lesquelles ils ont déjà travaillé fait rêver : Barcelone, Belgrade, Budapest, Florence, Hong Kong, Londres, New York, Rome, Tokyo…

Ces vrais ‘Parisiens et Milongueros’ incarnent l’essence, l’élégance, la détermination et la passion intérieure du tango à sa source. Ils en sont d’exceptionnels ambassadeurs pour la Ville des Lumières.

La part cosmique

Thierry - Avec le temps, je me sens de plus en plus confortable dans la marche. Je fais quatre ou cinq pas de marche et je me sens en harmonie avec la terre, le ciel, la mer, les arbres… je me sens terrestre. Le cosmos passe à travers moi et je passe dans le cosmos le temps de ces quatre ou cinq pas.

Véronique - On retrouve ce rapport au sol et à la terre dans la philosophie Tai-chi. Ça fait un peu ésotérique, mais en réalité il y a des valeurs très profondes.

Thierry - Parfois c’est tellement jubilatoire que tu as le sentiment de sortir de ton corps, de flotter au-dessus et de te regarder. Cela m’est arrivé deux ou trois fois, comme si j’entrais dans une autre dimension. Je suis impatient d’avoir 40 ans de marche derrière moi.

Véronique - Il n’y a que dans le tango, les arts martiaux, la musique et la peinture que les vieux sont à ce point respectés et adulés. Dans le tango, c’est pour leur danse, mais surtout pour leur vécu, la somme de leurs expériences, de leurs souffrances, des heures passées à travailler.

Thierry - Quand tu regardes quelqu’un d’aussi grand que Gavito, tu comprends la nécessité d’un travail de recherche intérieure. Il ne s’agit plus de technique, mais de philosophie, de méditation. Comment faire un pas qui va provoquer une émotion ? En partageant cette émotion avec soi et avec l’autre. Le plus beau compliment vient de celui qui nous dit avoir pleuré en nous regardant danser. Tu te rends compte, toucher quelqu’un à ce point !

Véronique - L’émotion n’est pas contrôlable. Ce qui est unique dans le tango c’est de pouvoir danser avec quelqu’un d’inconnu comme si tu le connaissais depuis toujours. C’est une reconnaissance éperdue du fait d’être dans une autre dimension.

L’esprit tango

Thierry - Le tango n’appartient à personne même s’il est à l’origine portègne. Aujourd’hui, il est à tout le monde, universel. C’est un esprit qui invite au partage, à l’ouverture. Voyager m’aide à me sentir plus ’terrien et milonguero’. Chaque ville a développé son style générique de tango. En voyageant, ton tango absorbe des quantités différentes de styles et s’enrichit d’autres approches et d’autres philosophies. C’est incroyablement intéressant. Buenos Aires est une source d’inspiration. Le tango est l’image d’une culture et son origine est indéniablement portègne. Il est donc important de prendre en compte cette origine, de l’analyser et d’en retirer l’essence qui correspond à notre propre culture.

Véronique - Beaucoup de gens sont partis à Buenos Aires ces dernières années. Ils reviennent avec un éclairage nouveau, comme nous après notre premier séjour. Et plus les gens feront ce pèlerinage, mieux ce sera pour le monde du tango.

Les débuts

Véronique - On s’est rencontré un peu avant de commencer le tango il y a 6 ans et demi. On dansait déjà le rock. Entre février et juin 1998, on a essayé les différents profs parisiens (peu nombreux à l’époque). On a ensuite continué en faisant un travail de recherche sur nous-mêmes. Très vite, on nous a demandés de donner des cours et on a accepté de montrer et d’essayer d’expliquer ce qu’on faisait. En quelques années, on est passé de 4 couples d’élèves à 120 personnes.

Equilibre professionnel

Véronique - On travaille de 9h à 19h, puis on danse de 20h à 23h30. Les week-ends, on voyage. Dans le tango, le progrès est constant. On n’atteint jamais la tranquillité - c’est la drogue de la recherche.

Thierry - On danse parce que ça nous plaît et on enseigne par accident. On nous a souvent invités à laisser nos activités professionnelles pour nous consacrer au tango à temps plein, mais on ne veut pas. Nous avons la chance de ne pas avoir à nous soucier de gagner notre vie grâce au tango. Nous pouvons faire des workshops presque tous les week-ends, chaque deux ou trois mois à Londres, Anvers ou Rome. Nous pouvons aussi suivre nos élèves et nous sommes très heureux d’enseigner à des gens qui en veulent, qui nous sont fidèles et qui nous accueillent chaleureusement.

Véronique - En fait, après un week-end de stage - c’est à dire souvent douze heures de cours, une démonstration et la milonga - on est physiquement exténué mais vraiment requinqué moralement.

Buenos Aires

Véronique - A Buenos Aires, on a eu la chance d’être adopté par les milongueros. Immédiatement, les gens des milongas et certains grands maestros nous ont accueillis comme des membres de leur famille. On a reçu une sorte de validation de leur part. C’est inestimable. Peut-être étaient-ils très contents de voir un couple parisien danser le tango, parce que pour eux, la France, et en particulier Paris, est un symbole.

Thierry - Je crois qu’ils ont senti notre volonté, cette souffrance à aller vers l’essence du tango, à danser un tango tout en sentiments. Ils ont saisi cette intention, cette intensité intérieure.

Véronique - Pendant qu’on était là-bas, on s’est imbibé de tout ce qu’on a pu. De la danse et de la technique bien sûr, de la musique évidemment, et puis surtout, en parlant avec les gens, de leur vécu et de leur philosophie.

Thierry - On passe beaucoup de temps à table à discuter avec les milongueros, à écouter leurs commentaires sur notre danse. Quand un maestro te dit qu’il fait dix tangos avec ce que tu fais dans un seul, cela vaut mille cours. Je dois beaucoup à des gens comme Gavito avec qui j’ai souvent parlé. Lors de notre dernière conversation, il m’a demandé ce qu’était un bon danseur. J’ai répondu "un danseur qui marche bien". Alors il m’a demandé ce qu’était un excellent danseur. Je suis resté pantois. La réponse est un danseur qui sait s’arrêter. Celui que tu regardes, avec la mâchoire décrochée, tellement c’est beau quand il ne bouge pas...

Investissement et récompense

Véronique - Le début de la vie d’un danseur est un martyre, mais heureusement il y a des moments de grâce. Puis petit à petit, les proportions de panique et de satisfaction s’inversent et deviennent acceptables. On explique à ceux qui nous interrogent qu’il faut compter avec trois ans d’apprentissage, pas mal d’argent dépensé et de frustrations, avant d’être à l’aise. Mais le côté fantastique, c’est que le tango est plus sublime que n’importe quelle autre danse de couples. C’est au-delà de ce qu’on peut imaginer, ça amène énormément d’avantages non quantifiables, des rencontres avec des gens de tous les milieux, et quand on commence à voyager, des échanges extrêmement riches. On a vu des filles communes devenir belles après quelques mois parce qu’elles ont trouvé dans le tango ce qui les rend admirables ou des hommes peu coquets commencer à s’habiller et à se parfumer pour aller danser. Ils s’épanouissent.

Thierry- A partir d’un certain niveau dans le tango, on touche à l’essence même de la bonté humaine, de sa générosité. Cela vaut le coup de se battre pendant trois ans. Plus tu donnes, plus tu reçois.

Style

Véronique - Pour notre première soirée à Buenos Aires, on est allé à El Beso. Les gens y dansaient le tango super serré, avec autant de swing que celui que nous mettions dans le rock. Cela a immédiatement confirmé ce que nous avions senti d’instinct, que nous étions plus proche de ce style-là que d’un style ouvert. Depuis trois ans, on enseigne le style milonguero et nos cours sont complets. On essaye d’être traditionnel et de danser milonguero - milonguero étant défini non pas dans un sens restrictif mais comme une force créatrice et dynamique. En fait, le style milonguero est physiquement plus difficile que le tango ouvert qui nécessite moins d’efforts pour tenir sur son axe. On veut montrer aux gens que le milonguero n’est pas un style pépère et dénué d’imagination.

Enseignement

Véronique - Aux débutants, on propose des choses basiques, l’axe, le pivot, la connexion légère avec le partenaire. Puis la rythmique.

Thierry - On ne compte pas les pas et on préfère sortir du principe des huit pas de base, pour éviter d’emprisonner les élèves dans une séquence. On fonctionne par unité de un - chaque unité permettant de passer d’un axe à l’autre. Dans notre enseignement, le rythme n’est pas une fois huit mais huit fois un et entre chaque pas, tu peux t’arrêter, aller ou revenir.

Véronique - Il est important de bien comprendre ce jeu d’unités, surtout la première année. Comme avec les dominos, il y a toujours l’entrée dans un pas, le pas d’avant et le pas d’après - il y a un choix à faire et pas l’obligation de faire tel pas après tel autre.

"Parisinos y Milongueros"

Thierry - Les Argentins nous ont donnés ce surnom. ’Parisinos’ pour parisiens et ’milongueros’ parce qu’on l’a dans le sang !!

Véronique - On a reçu le label ! On en est très fier et on le revendique.

 

 

25 mars 2008

Interview Paris Tango Guide : Thierry Le Cocq

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31 octobre 2007

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25 septembre 2007

ABANERAZ VIP CARD 2007/2008

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La CARTE VIP ABANERAZ est disponible. Profitez d’un statut et de privilèges exceptionnels ! Avec la CARTE VIP ABANERAZ, ce sont les mêmes avantages que les professionnels. Au menu, des tarifs privilégiés, avec jusqu’à 20% de réduction sur les activités régulières, ou stages, des (...)

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28 janvier 2007

Tango

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7 novembre 2006

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28 octobre 2004

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