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Voyage à Rome

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Présentation

La ville éternelle ne se résume pas à son histoire : Rome est une cité bien vivante, où l’art et l’art de vivre ne font qu’un. Qui sait si au détour d’une ruelle, à l’entrée d’une voie souterraine, vous ne découvrirez pas, tout comme dans Fellini Roma, une fresque étrusque, ou un fragment de statue byzantine : mirage ou vestige d’une histoire pouvant remonter jusqu’à 2 500 ans. Car Rome est un perpétuel champ de fouilles sur plusieurs niveaux dont les monuments ne sont qu’une partie visible. 2000, l’année du Jubileo, fut une véritable "bénédiction" pour les visiteurs qui peuvent aujourd’hui découvrir les plus beaux monuments non pas calfeutrés sous les sempiternels échafaudages mais enfin restaurés. La découverte culturelle ne doit pas pour autant vous empêcher de vous attabler à une trattoria en plein air pour rencontrer le peuple de Rome succomber pour toujours à la Dolce Vita.

Superficie : 1 500 km_ (3 x Paris) Population : 2 663 000 habitants Langue : italien Religion : catholique en majorité Président : Carlo Azeglio Ciampi Premier ministre : Silvio Berlusconi Rome abrite les ministères italiens et l’ensemble du gouvernement. Pourtant l’activité principale de la ville est le tourisme. Pour le Jubilé de l’an 2000, la ville Eternelle a reçu des millions de visiteurs.

Environnement

Nichée au milieu de la péninsule italienne, dans la région du Latium, Rome se trouve à une vingtaine de kilomètres du littoral méditerranéen. Malgré son étendue, elle possède un centre historique dense mais de dimensions relativement modestes qui se découvre aisément à pied. Vous pouvez par exemple traverser le Forum romain et le Palatin en partant du Colisée, puis remonter la via del Corso et visiter le Vatican en l’espace d’une journée. La ville éternelle mérite toutefois davantage qu’une escale en coup de vent. Quoi qu’il en soit, prenez soin de vous munir d’un plan pour éviter la frustration et le temps perdu, surtout si vous décidez de sortir des sentiers battus. Le mont Palatin et le Forum constituent le centre de la Rome antique. La via del Corso relie le Forum à la piazza del Popolo. La piazza di Spagna et la fontaine de Trevi vous attendent à l’est de cette grande artère. Pour vous rendre dans la cité du Vatican, au nord-ouest du Forum, vous devrez emprunter le pont Saint-Ange qui traverse le Tibre. A partir du mois de juin, la température devient pesante dans la capitale italienne. Certains jours le mercure peut monter jusqu’à 40°C et il faut attendre le milieu de la nuit pour sentir un peu de fraîcheur. Les mois d’hiver sont parfois très humides et les températures sans être sibériennes sont souvent froides. Avec un maire vert, Francesco Rutelli, essaye depuis plusieurs années de lutter contre les effets de la pollution, en particulier avec des mesures pour réduire la circulation automobile. Malheureusement, cela ne suffit pas, l’air de Rome est vite irrespirable les jours de fortes chaleurs. Heureusement, la ville compte de nombreux espaces verts dont le jardin botanique (Orto botanico).

A ne pas rater

Si vous aimez les activités sportives intenses, changez tout de suite de destination. Rome se prête en effet davantage à la promenade et à la dégustation de spécialités locales qu’à la dépense musculaire. Vous pourrez toutefois louer des bicyclettes près de la Porta Pinciana, dans la Villa Borghese, et circuler au milieu des jardins. Plus grand parc de la capitale italienne, la Villa Doria Pamphili, à 2 km au sud du Vatican, offre un cadre agréable pour se dégourdir les jambes et pique-niquer. Si vous séjournez avec votre progéniture ou que vous avez gardé votre âme d’enfant, sachez que des ballades en poney ont lieu sur la colline du Janicule. En revanche, découvrir Rome à bord d’une voiture à cheval se révèle par contre d’un romantisme onéreux.

Le Forum et le Palatin

Le Forum romain, centre commercial, politique et religieux de la Rome antique, occupe le périmètre entre le Capitole et le Palatin. Ce terrain marécageux, asséché au début de la République, devint le lieu des rassemblements publics et des réunions du Sénat. Sa construction dura plus de 900 ans et, après l’avènement de l’empire, les césars élevèrent sur ce site des édifices à l’image de leur grandeur. Le déclin du Forum accompagna celui de l’Empire romain à partir du IVe siècle. Ses temples et ses monuments tombèrent progressivement en ruine pour laisser place à des pâturages surnommés au Moyen Age le campo Vaccino (champ des vaches). Il faudra attendre les XVIIIe et XIXe siècles pour que soient entreprises des fouilles systématiques qui se poursuivent d’ailleurs aujourd’hui.

On pénètre dans le Forum par la via dei Fori Imperiali qui part du Colisée ou amphithéâtre Flavien. Parmi les vestiges incontournables, citons en vrac l’arc de Septime Sévère, le temple de Saturne, la maison des Vestales, le temple d’Antonin et Faustine et l’arc de Titus. Accessible depuis le Forum, le Palatin représente le berceau mythique de Rome. On a d’ailleurs découvert à cet endroit un village préhistorique. Les églises médiévales et les jardins Renaissance qui recouvrent partiellement les ruines leur confèrent un charme des plus romantiques. Les riches citoyens romains de l’époque républicaine, séduits par cette colline dominant le Tibre, y construisirent leurs demeures. Les empereurs ne tardèrent pas à les imiter. Auguste vécut là toute sa vie, mais sa résidence semble bien modeste comparée à celles de ses successeurs, notamment la Domus Flavia et la Domus Augustana de Domitien. A voir également la maison de Livie, l’épouse d’Auguste, l’une des constructions les mieux conservées du site, ainsi que les thermes de Septime Sévère. Le Circus Maximus, dont il ne reste pas grand chose, pouvait jadis accueillir plus de 200 000 spectateurs.

Autres ruines romaines

Temple dédié à tous les dieux, le Panthéon fut bâti en 27 avant J.-C. par Agrippa, puis reconstruit en 120 par Hadrien. Avec son imposante coupole aux admirables proportions, il offre un l’exemple de la perfection architecturale suivant les critères antiques. Il arborait à l’origine une toiture recouverte de tuiles en bronze doré. Le peintre Raphaël et le roi d’Italie Victor-Emmanuel II reposent à l’intérieur. En considérant les rares vestiges des thermes de Dioclétien, on a peine à imaginer que cet énorme complexe de 13 hectares, constitué de bains, de bibliothèques, de salons et de jardins, pouvait contenir 3 000 personnes. Les thermes de Caracalla (10 hectares), d’une capacité de 1 600 baigneurs, conservent en revanche une partie significative de leur impressionnante structure initiale. Ils se dressent non loin de la via Appia, la voie romaine deux fois millénaire qui reliait Rome à Brindisi, au sud-est de l’Italie. Quantité de monuments jalonnent cette route, en particulier le cirque de Maxence et des sépultures de patriciens romains comme la tombe de Cecilia Metella. Le long de son parcours, plusieurs catacombes, les premières nécropoles chrétiennes, s’étendent sur des kilomètres de galeries souterraines.

Le Vatican

Minuscule enclave dans la ville éternelle, le Vatican représente le centre spirituel et temporel de l’Église catholique sous la férule du souverain pontife. Cet État indépendant, le plus petit du monde, voit sa population quintupler pendant la semaine avec l’afflux de travailleurs habitant Rome. Le circus Vaticanus, bâti sous Néron, se dressait jadis sur le site de l’actuelle basilique Saint-Pierre. Le martyre de saint Pierre et d’autres chrétiens se déroula probablement dans ce stade entre 64 et 67 de notre ère. En 315, l’empereur Constantin ordonna l’édification d’une église sur la tombe de l’apôtre. Au XVe siècle, le pape Nicolas V fit appel à des architectes, notamment Alberti, pour la rebâtir. Il fallut toutefois attendre 1506 et la commande passée à Bramante par Jules II pour que les travaux commencent réellement. La construction de la nouvelle basilique prit plus de 150 ans et attira outre Bramante, Raphaël, Antonio da Sangallo, Michel-Ange, Giacomo della Porta et Carlo Maderno. L’intérieur monumental abrite de fabuleuses œuvres d’art, dont la célèbre Pietà de Michel-Ange et le baldaquin baroque de 29 m de haut, réalisé par le Bernin au-dessus du maître-autel. Également du Bernin, la grandiose place Saint-Pierre, qui se déploie devant l’édifice, fut aménagée au XVIIe siècle pour accueillir les chrétiens du monde entier. Elle est délimitée par deux colonnades en hémicycle surmontées de statues de saints et un obélisque s’élève en son milieu. Même si vous avez peu de temps à accorder aux musées du Vatican et à leurs collections inestimables, ne faites pas l’impasse sur la chapelle Sixtine et sur les chambres de Raphaël.

Le château Saint-Ange

Tout d’abord mausolée d’Hadrien, cette massive construction circulaire fut convertie en forteresse pontificale au VIe siècle. C’est le pape Grégoire le Grand qui, en 590, lui donna son nom actuel après avoir vu un ange apparaître au-dessus du bâtiment, annonçant la fin de l’épidémie de peste à Rome. En 136, Hadrien fit bâtir le pont Saint-Ange qui enjambe le Tibre afin de fournir un accès à sa dernière demeure. On le reconstruisit en 1450, en réutilisant certaines parties d’origine. De part et d’autre du tablier, des anges sculptés au XVIIe siècle par le Bernin et ses élèves portent les instruments de la Passion.

La Rome chrétienne Si l’architecture chrétienne ne forme que l’une des multiples strates historiques et culturelles de Rome, elle est particulièrement bien représentée, avec une église pratiquement à chaque coin de rue. Les basiliques chrétiennes les plus anciennes remontent au règne de Constantin (IVe siècle) mais la plupart des édifices religieux ont subi de nombreux remaniements, notamment à l’époque baroque. Les quatre grandes basiliques patriarcales, Saint-Pierre, au Vatican, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran et Saint-Paul-hors-les-Murs méritent une attention particulière.

Le Capitole

Dessinée par Michel-Ange en 1538 et située sur la colline du Capitole, la piazza del Campidoglio est encadrée de trois palais : le palazzo dei Conservatori, le palazzo Nuovo et le palazzo dei Senatori. Les deux premiers abritent les musées du Capitole où vous pourrez admirer, entre autres, le célèbre bronze étrusque de la Louve romaine allaitant Romulus et Rémus. Pour apprécier pleinement la place, découvrez-la en empruntant la cordonata, escalier monumental également conçu par Michel-Ange, gardé au sommet par les deux colosses antiques Castor et Pollux.

Places et lieux incontournables

Bordées de palais baroques, la place Navone recouvre le site du stade de Domitien construit en 86 de notre ère. Elle comporte trois superbes fontaines, dont, en son centre, la fontaine des Fleuves du Bernin (1651). Quatre imposantes statues incarnent le Gange, le Nil, le Danube et le Rio de la Plata et un obélisque égyptien surmonte l’ensemble. Toujours débordante d’animation, la place Navone est le lieu de rassemblement des Romains comme des touristes qui se bousculent aux terrasses des cafés et des glaciers. Autre point de rencontre privilégié, la piazza di Spagna vous attend au pied de l’escalier de la Trinité-des-Monts (1725) qui mène à l’église du même nom. Au mois de mai, des pots d’azalées roses tapissent joliment les marches. Paradis du lèche-vitrines, la via dei Condotti regroupe quantité de boutiques chic. L’élégant caffé Greco, le plus ancien café de la capitale, occupe le n°86. Immortalisée par Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans La Dolce Vita de Fellini, la fontaine de Trevi recueille les pièces de monnaie jetées par les visiteurs désireux de revoir un jour la ville éternelle. Un pittoresque marché aux fruits et aux légumes se tient tous les matins sur le campo dei Fiori. Aujourd’hui jalonnée de cafés et de trattorie, cette place du XIIe au XVe siècle servait de lieu d’exécution sous l’Inquisition. La statue de Giordano Bruno rappelle que ce philosophe dominicain, précurseur de Galilée, y périt brûlé vif pour hérésie. La place débouche sur la piazza Farnèse, dominée par un somptueux palais Renaissance, le palazzo Farnèse, siège de l’ambassade de France.

Comment s’y rendre

De l’aéroport, Leonardo da Vinci (Fiumicino) un train part toutes les heures pour Termini et d’autres rejoignent les gares de Trastevere, d’Ostiense et de Tiburtina. Cette dernière est également desservie par un bus de nuit. Si vous conduisez, comptez 45 minutes d’autoroute pour atteindre le centre en passant par le quartier périphérique de l’EUR. Le trajet en taxi coûte les yeux de la tête. De l’aéroport de Ciampino, à 20 km au sud-est de Rome, un bus COTRAL vous conduit jusqu’au métro à destination de Termini. En voiture, il vous suffit de descendre la via Appia Nuova. La compagnie de bus minicipale (ATAC) a pour terminus principal la grande station devant Termini. Le service fonctionne de 6h à minuit, mais quelques itinéraires sont couverts toute la nuit. Le métro se limite à deux lignes et l’affluence est toujours forte quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Les tickets de bus valent aussi pour le métro et les trains de banlieue. Ils s’achètent dans les tabacs, les kiosques à journaux et aux distributeurs. De fortes amendes punissent les contrevenants, même étrangers. Il existe plusieurs agences de location de voitures (âge minimum 21 ans), de motos, de Vespa et de vélos. La conduite peut s’avérer éprouvante dans Rome avec la pollution, les embouteillages et la chaleur du soleil. C’est aussi le cas de la marche dans les artères très fréquentées en raison des voitures qui bloquent souvent le passage aux carrefours. Dans les petites ruelles, les trottoirs n’existent pas et vous devrez slalomer entre les véhicules garés "à la romaine". Un conseil : prenez votre temps et n’hésitez pas à faire des pauses aux terrasses de café. Le principal aéroport romain est l’aéroport Leonardo da Vinci, communément appelé Fiumicino, du nom de la localité où il se trouve (26 km du centre). Il existe un autre aéroport plus petit, Ciampino, pour les vols charters et les compagnies de moindre importance. La gare de Termini et la gare routière se trouvent au nord-est du Forum. De celle-ci, des bus desservent les différentes villes italiennes. Des services urbains relient aussi des destinations proches situées dans le Latium (même billet que pour Rome intra-muros). De Termini, des trains rapides et confortables assurent régulièrement la liaison avec les grandes villes d’Italie et d’Europe. Connectée au périphérique de Rome, l’Autostrada del Sole permet de se rendre au nord et au sud de la péninsule. Gare aux embouteillages au moment des retours de week-end.

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